Mardi 30 décembre 2008
A Jean -Jacques Thévenin, enseignant exceptionnel



La couleur de la mort

 

La teinte évanouie,

De ses traits autrefois,

Charmeurs et réjouis,

Décolorés bleu-gris.

 

Le rose de ses joues,

A présent disparu,

Son regard pâle et doux,

Offerts à notre vue.

 

Il n’est d’autre évidence,

A nos cœurs désolés,

Que le triste silence,

De nos corps épuisés.

 

Mais lui, sourit encore,

Impétueux vainqueur,

Piétinant la mort,

Sans la moindre rancœur.

 

Le geste et la posture,

Gravés en nos mémoires,

Au fur et à mesure,

En kimonos blancs et hakamas noirs.

 

Par Shaliane - Publié dans : Les poemes de Simone - Communauté : L'âme du poète
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Dimanche 16 novembre 2008

Soudain, elle retentit, et m’oppresse un instant.

La conscience endormie, embrumée d’un sommeil,

Qui retient prisonnier ; j’ai le cœur palpitant,

De ce rôle à jouer, idéal sans pareil.

 

 

Cet appel que j’attends, réveille mes instincts,

D’un clairon rugissant, comme le son du devoir.

Quel désir ambigu anime mes desseins ?

Autrefois abattu, il se nourrit d’espoir,

 

 

Ecrivant son destin, de sang et de courage.

Quand sonne le tocsin, se gonfle la bannière,

De rares exaltés, ne supportant l’outrage,

Des hommes égarés, que la mort indiffère.

 

 

Quelle chevalerie peut exister encore ?

Quand luttent sans merci, les sombres charognards,

S’éveillent les héros, que le pouvoir ignore,

Que se lèvent bien haut, Couleurs et étendards.

Par Shaliane - Publié dans : Les poemes de Simone - Communauté : L'âme du poète
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Mardi 11 novembre 2008


La pluie

 

La pluie a obscurci, les cours et les jardins.

D’un épais voile gris, a recouvert les lieux,

Sur les pavés mouillés, grisaillant les chemins,

Des pastels délavés, décolorant les cieux.

 

Quand l’âme au diapason, de la nature en pleurs,

S’accorde à la saison, par trop mélancolique,

Les arbres dévêtus, et leurs filles les fleurs

Ont cet air abattu, le regard nostalgique.

 

Ainsi vont les passants, l’œil triste et sans éclat,

Marchent indifférents, se croisent sans un mot.

Aveugles et  absents, avançant à grands pas,

Ils sont seuls et pourtant, emportés par le flot.

 

Ils sont comme la pluie, sans âme et sans courage,

Ils errent dans la nuit, à tâtons, sans navire,

Piétinant leurs aînés, effaçant le passage,

Des aïeux oubliés, sans regret ni désir.

Par Shaliane - Publié dans : Les poemes de Simone - Communauté : Gros plan sur la poésie
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Mercredi 29 octobre 2008

La dernière heure

 

A l’aube de la mort, entre ombre et lumière,

Il existe un palier. Ce matin par hasard,

Je m’y suis arrêtée. A mon visage hagard,

Et la douleur au corps, mon cœur pleurait misère.

 

Alors qu’hier encore, en souveraine mère,

Je régnais au foyer, ordonnant sans retard,

J’ai le souffle coupé, un voile sur le regard,

Dont les étoiles d’or, te contemplaient naguère.

 

La mal faisant chemin, tapi depuis longtemps,

Je sombre suffoquée.  Le silence étouffant

Enveloppant soudain mes dernières pensées.

 

En mon ciel obscurci, me vient le souvenir,

De l’être tant aimé, nos mains entrelacées,

Qu’il m’accompagne ici, jusqu’au dernier soupir.


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Samedi 18 octobre 2008

Au détour d’un chemin, me voici ébloui,

D’un rayon de soleil, posé sur le feuillage,

Je découvre incertain, l’équilibre indécis,

L’éphémère merveille, oscillant paysage.

 

Ces feuilles  en félines, ondulent mollement,

Indolentes danseuses, en tutu de lumière,

S’entrelacent mutines, dans un ballet charmant,

Emportées bienheureuses, par la brise légère.

 

Le promeneur savoure, en cet instant fugace,

L’éternelle beauté d’un automne qui flamboie,

Les lueurs au petit jour, les verts cédant la place,

Roux et bruns conjugués, invitant à l’émoi.

 

Alors que d’autres passent, l’œil triste et sans éclat,

Tu t’attardes en ce lieu, que la nature inspire,

A la simple évidence, qu’il suffit d’être là,

Pour être un homme heureux, sans nul autre désir.

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Samedi 11 octobre 2008

Deux amis

 

Il met mon cœur à l’aise, quand il rit haut et fort,

Tout en prenant la vie avec philosophie.

Juste, ou bien emporté, cherchant contrepartie,

En l’autre son égal, se joue du désaccord.

 

Jovial en société, ses talents d’orateur,

Son humour bien placé, sortent de leur torpeur,

Les quelques dinosaures, aux dents longues et pointues,

Refermant leurs caquets aux langues bien pendues.

 

Le voici au lointain, cheminant son destin,

Libre esprit sans regrets, tourné vers l’avenir,

Vers d’audacieux projets, sa compagne à la main,

Déjà à l’horizon, deux ombres  qui s’étirent…

 

Silhouettes méconnues d’une frêle amitié.

A présent disparus, que vois-je en leur absence ?

La trace en ma mémoire, de conseils avisés,

De bienveillants regards m’approuvant en silence.

Par Shaliane - Publié dans : Les poemes de Simone - Communauté : Inspirations poétiques
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Lundi 6 octobre 2008

Ecoute à l’infini,

Si proches et si lointains,

Les voix muettes, les cris,

La détresse en chacun.

 

Vois – tu en ces ébats,

La frustration intense,

Du malheur ici –bas,

 S’agitant en silence ?

 

Entends-tu appeler,

Tous les non - dits du monde ?

Terre amère et souillée,

A présent inféconde.

 

A ces maux, tu savoures,

Ces pernicieux remèdes,

Ultimes et vains recours,

 Illusoires intermèdes.

 

En toi-même se cache,

Le courage et l’ardeur,

Le tricheur et le lâche,

Lequel est le meilleur ?

 

Donnes – tu  au moins offrant

A chacun sans compter,

Jusqu’à l’épuisement,

Tes forces décuplées ?

 

Partages - tu le peu,

 L’opulente richesse,

Au plus jeune, au plus vieux ?

Qu’ en toi l’espoir renaisse.

 

Tes ennemis aimés,

 De pareille ferveur.

Que ta conscience en paix,

 Satisfasse ton cœur.

Par Shaliane - Publié dans : Les poemes de Simone - Communauté : Inspirations poétiques
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Jeudi 18 septembre 2008


Les ballons qui s’en vont, sont au soleil brûlant,

Attirés sans raison, inexorablement.

Les petites mains, qui s’y cramponnent pourtant,

S’en iront demain, en offrir à leurs enfants.

 

Les ballons qu’on attache, peinent à tenir en place,

Ils s’agitent, s’arrachent, se débattent et embrassent

L’illusoire liberté, dans un  regain d’audace,

Puis ils meurent éclatés, en se voilant la face.

 

Les ballons dégonflés, rêvant d’une vie meilleure,

Au tiroir, oubliés, attendent en vain leur heure,

Le caoutchouc si lâche, ou que l’âge a raidi,

Tapis, ils se cachent, leur vieux nombril décrépi.

 

Celui qui aime peut, pour un temps retenir,

Cet autre amoureux, ébloui de désir.

Mais sans pareil au mal, qui ronge pernicieux,

Attend l’instant fatal, et frappe victorieux.

 

 

 

Par Shaliane - Publié dans : Les poemes de Simone - Communauté : L'âme du poète
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Lundi 15 septembre 2008


Parmi tous les bonheurs,

Passés et à venir,

Certains lointains demeurent,

Sans jamais se ternir.

 

Quand le cœur endeuillé,

Peine à se souvenir,

D’un passé émaillé,

De larmes et de rires,

 

Que pèsent les chagrins,

Que pleurent les douleurs,

Dans le froid du matin,

Souviens-toi  du meilleur,

 

De cet homme qu’il fût,

De ses rêves d’enfant,

De son regard perdu,

Dans le tien si confiant.

 

 

 

Par Shaliane - Publié dans : Les poemes de Simone - Communauté : Inspirations poétiques
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Mardi 26 août 2008

Désarroi d’écrivain, que ces mots en absence,

Qui ne savent exprimer, quand le noir cède au blanc,

Qu’un savoir incertain, enclin au vide immense,

Impossible à cerner, fuyant puis renaissant.

 

Aux plumes inspirées, s’abreuvant au silence,

Nait l’alexandrin, s’épanchant librement,

De rimes alternées, douze pieds en cadence,

De tercets en quatrains,  va sonner au chaland.

 

Artiste, écrivain, poète du dimanche,

Les voilà tous unis, devant la page blanche,

Ces auteurs démunis, privés de leur matière.

 

Car celui qui écrit, n’est qu’oiseau en partance,

Attisant l’émotion d’une esquisse éphémère,

Il permet à l’esprit une douce espérance.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Shaliane - Publié dans : Les poemes de Simone - Communauté : Gros plan sur la poésie
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