L’air frais de bon matin, accueille les connaisseurs,
L’œil rivé aux étals, la loupiotte à la main,
Chinent les amoureux, des vieilleries d’ailleurs.
Soudain, interpellés par l’objet du désir,
Le cœur à cent à l’heure, les voici statufiés,
Le regard suspendu, pétillant de plaisir.
Leur imagination, vagabonde gazelle,
Enjolive l’objet, le met ainsi en scène,
Poncé, ciré, lustré, déjà il étincelle.
L’air désintéressé, s’amorce un bavardage,
S’éloigne du trésor, comme si de rien n’était,
Subtil est le chineur, au jeu du marchandage.
Enfin l’affaire est faite, le trophée est acquis.
L’acheteur victorieux, jubilant en silence,
Prend possession du bien, que déjà il chérit.
Peu à peu sous ses mains, s’estompe la patine,
Déposée par les ans, devenue souvenir,
S’éclairant de lumière à mesure qu’il s’échine.
Il caresse en rêvant la robe de poussière,
Et souffle sur sa peau, adoucie au papier.
Contemple, émerveillé, sa compagne de pierre.
Je pense, tu penses, on pense