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Petits
bouquets de poésie
Face au ressac, immobile et sans voix,
Bercée d’un rythme lent et régulier,
Je ne sais s’il faut me laisser aller,
Au courant qui m’emporte dans ses bras.
Alors elle se dérobe sous mes pas,
Infinité en mouvement glacé,
Egrenant quelque éternel sablier,
Dans un glissement de larme et de soie.
Autrefois, je m’arrêtai triste et lasse,
En ce lieu incertain, vide et sans âge,
Je recherchai un astre de passage,
Qui m’eût éclairée d’un instant de grâce.
Tandis qu’englouti, le passé s’efface,
Je regarde au lointain le doux rivage,
D’un souvenir en sable et coquillage,
Dont la mer enfouit à jamais la trace.
Sans visage et sans nom,
Il n’est que sentiment.
A peine une impulsion,
Ou l’intime serment,
De ce que l’âme humaine,
Connaît de plus précieux.
Futile ou incertaine,
Au destin capricieux,
Tour à tour aveuglée,
De multiples éclats,
La voilà fascinée,
Du malheur ici-bas.
Qu’aucune loi n’entrave
Ce joyau, ce soleil,
Ni libre ni esclave,
Le don est sans pareil.
Le temps en sommeil
Aux volets mi - clos, perlent les éclats,
D’un soleil miel, promesse sucrée,
Aux doux rayons chauds, effleurant légers,
La terre au ciel, nos coeurs ici-bas.
Encore il sommeille, ses traits un peu las,
Le corps au repos, il rêve apaisé,
Qu’un baiser l’éveille ; à peine effleuré,
S’éclaire aussitôt, se niche en ses bras.
A ces amoureux, point d’autre douceur,
N’existe à leurs yeux; songeant au bonheur,
Que le temps efface, leurs appâts déchus,
Tombés en disgrâce, tandis que demeure,
L’éternel attrait, des serments tenus,
Comme entrelacés, d’épines et de fleurs.
Amour,
Si le cœur cesse un jour, de m’éveiller sereine,
Ephémère merveille, aux souvenirs divins.
D’avoir aimé d’amour, et uni dans la peine,
Deux âmes, deux soleils, jusqu’aux petits matins.
Heureux d’avoir vécu, ainsi chaque seconde,
Humé, senti, tenu, nos corps en harmonie,
D’avoir senti nos chairs, passionnément fécondes,
D’être devenue mère, d’avoir donné la vie.
Le partage en nos pas, toute une vie durant,
S’écartant des chemins, tout tracés de nos pères,
Leurs fallacieux appâts, autant de vers luisants,
Croisant main dans la main, de nouveaux univers.
Et laisser sans regrets, les pierres aux vivants,
Fleurir jour après jour, ta mémoire en images,
Ecrite sans détours, en poème, en roman,
Quand demeure scellé, l’anneau du mariage.
Au détour du chemin, revenant de l’école,
Ivre de liberté, d’avoir six sous en poche,
D’y faire tinter sa clé, se sentir l’âme folle,
De franchir un ravin, de trois sauts de galoche.
Le regard de l’enfant, dans lequel se reflète
Un monde imaginaire, nous est inaccessible.
Ses rêves incessants, notre nature inquiète,
Dissonent de concert, d’un accord impossible.
La neige déposée, s’est vue tout embellir.
Dans les yeux de chacun, ému à sa manière,
Le ruban oublié, de quelque souvenir,
Les bougies qu’on éteint, le parfum d’une mère.
Faites que rien n’altère ces saveurs sans pareilles,
Quand le lacet se noue, délivrant nos mémoires,
D’une image éphémère, alors tu t’émerveilles,
D’un sentiment si doux, qu’il porte nos espoirs.
La Nuit de Noël
Quand à la nuit tombée, s’allument les lucioles,
De la ville apprêtée, en habits de Noël,
Et flocons répandus, que brillent les babioles,
Aux arbres suspendues, vois-tu, irréelle,
La brume qui descend, sur la ville assoupie ?
Quand les rêves d’enfant, qui nichent aux chaussons,
S’éveillent au matin, que dure la magie,
Accrochée au sapin, en boules et glaçons.
Serons-nous devenus, par delà les années,
Et les cœurs endurcis, d’insensibles parents ?
Dans nos yeux éblouis, en nos âmes enchantées,
Que nous restions émus, que nous restions enfants.
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Je pense, tu penses, on pense